Jeux Zoom #12 : DoW – À la Croisée des Chemins

L’hiver n’aura jamais été plus mortel

Le monde, qui semble ne plus rien avoir à offrir, regarde l’humanité disparaître et laisser place à des hordes de morts-vivants. Alors que vous tentez de survivre au sein d’une colonie qui peine à s’organiser, un nouveau challenge, non moins redoutable, se heurte à votre communauté de survivants : l’hiver. Survivrez-vous seuls ou avec la colonie ? À vous de choisir.

 

Description

Les zombies et autres infectés ne cessent d’avoir le vent en poupe. Ils sont sur tous nos écrans, à travers des séries telles que The Walking Dead ou nos jeux vidéo avec le septième volet de la saga des Resident Evil tout fraîchement débarqué sur les consoles de salon. Les jeux de plateau ne manquent cependant pas à l’appel eux aussi, et après avoir déjà tenté de mettre fin à notre civilisation dans Zombies : la Blonde, la Brute et le Truand, voici que les morts se lèvent à nouveau dans ce jeu, pour notre plus grand plaisir.

Développé au sein du studio américain Plaid Hat Games par John Gillmore et Isaac Vega, Dead of Winter : À la Croisée des Chemins, édité chez Filosofia, propose à un nombre, allant de 2 à 5 joueurs, d’évoluer dans un monde en proie à une apocalypse zombie, pour des parties de 60 à 90 minutes avec pour unique objectif : survivre.

Préparez-vous à vous battre pour votre vie

 

Les joueurs devront donc analyser, anticiper, prendre des décisions et surtout coopérer afin de mettre en place la meilleure stratégie, celle qui leur permettra de survivre à l’hiver mortel qui vient frapper leur campement. Mais attention, si vous affrontez le monde ensemble, il vous faudra à un moment sortir votre épingle du jeu, quitte à trahir les vôtres. 

Le contexte étant posé, il est maintenant temps de planter le décor ! Je sais Gamin, tu  meurs d’envie d’exploser du zombie et de voir valser des chairs en décomposition, n’est-ce pas ? On y vient bientôt !

Le plateau se compose de deux parties très distinctes fonctionnant chacune avec leurs propres mécaniques.

Premièrement la colonie : il s’agit du lieu dans lequel se sont retranchés les joueurs afin de survivre dans cet environnement hostile. On y gère les ressources, les survivants, le moral des troupes et bien d’autres choses participant à rendre l’expérience très réaliste !

Puis vient l’extérieur, composé de 6 lieux au total (supermarché, poste de police, station essence, bibliothèque, hôpital et école) qu’il vous faudra atteindre et fouiller afin de trouver de quoi entretenir la colonie et vous défendre des attaques des morts.

Une fois le plateau mis en place, les personnages placés dans la colonie et les différentes cartes disposées autour du plateau, la partie peut débuter.

 

Survivre ensemble…

Alors Gamin, "comment qu’on joue" que tu te demandes ? J’vais t’expliquer moi !  Comme vous l’aurez compris, l’objectif est avant tout de survivre. Cependant, survivre ne suffira pas et le jeu vous demandera de remplir quelques conditions avant d’estimer que vous avez remporté la partie. Ainsi, en début de partie, les joueurs choisissent une carte appelée Objectif Commun. Comme son nom l’indique, cette carte définira les conditions de victoires de la partie en cours et sera donc le fil conducteur de tous les joueurs. Elle vous demandera par exemple d’occire un certain nombre de zombies en un temps imparti, de collecter un nombre précis de ressources ou alors de sécuriser votre environnement avant la fin du jeu. Le challenge sera dans tous les cas au rendez-vous et chacun devra œuvrer à l’accomplir.

Le nombre d’Objectif Commun n’est pas exhaustif (une dizaine) mais chacun se décline en une version difficile pour les joueurs expérimentés (soit une vingtaine en tout). De plus, l’Objectif Commun a aussi pour but de poser le contexte de départ. On y trouve ainsi les détails scénaristiques de la partie en cours (nous y reviendrons), le temps imparti à la partie (nombre de tours), le niveau du compteur de moral et le nombre de zombies déjà en jeu. Le cadre est posé, le danger est présent et le jeu commence !

De nombreux challenges viendront ponctuer votre aventure. Vous devrez vous allier au autres survivants pour faire face.

 

L’Objectif Commun définit le nombre de tour. Ainsi, logiquement, en fonction de celui-ci, les parties sont plus ou moins longues. Si cet objectif introduit le challenge général de la partie (le Macro), il vous faudra cependant faire face à des challenges moins importants mais très handicapants tout au long de la partie. Parmi eux, les Crises. Il s’agit de cartes qui définissent le handicap du tour en cours. Tirées au hasard par le premier joueur, elles font état de pénuries que les joueurs devront résoudre impérativement au cours du tour sous peine de subir des conséquences. Pénuries d’essence ? Les joueurs devront récolter de l’essence et la poser dans la « résolution de la crise ». Pénurie de nourriture ou de médicaments ? Idem, les joueurs n’auront d’autre choix que de quitter la colonie afin d’explorer l’extérieur en quête de ses fameuses ressources s’ils ne veulent pas voir débarquer une horde, subir les effets de l’hiver ou voir leur moral baisser. Et tout cela, sans perdre de vue l’Objectif Commun.

« Simple » dîtes-vous ? Détrompez-vous ! La tâche s’avèrera plus hardie qu’il n’y paraît. En effet, chaque joueur devra apporter la ressource demandée. Vous êtes 2 joueurs ? Vous n’aurez que deux cartes à fournir. Cependant le tour passera plus vite. Vous êtes 5 joueurs ? Vous aurez plus de temps pour récupérer les ressources demandées, mais vous devrez également en récupérer davantage ! Je vous annonce de suite : les Crises seront LE sujet de conflit des survivants et chacun veillera à ce que son voisin ait bien apporté sa contribution, auquel cas, le joueur faisant défaut pourrait très bien être considéré comme un traître et se voir banni de la colonie.

Les survivants et leurs capacités sont nombreux. Apprenez à bien les utiliser.

 

Or, la colonie c’est un peu votre chez vous, votre cocon douillet où rien ne semble pouvoir vous atteindre. Et pourtant, une véritable rigueur militaire sera nécessaire pour maintenir cette forteresse. La colonie abrite les joueurs mais également des civils, survivants rescapés et incapables de se défendre qui s’avèreront être une charge plus qu’autre chose mais qu’il vous faudra pourtant protéger. On y gère également la nourriture, parce qu’il faut bien nourrir tout ce beau monde, ainsi que l’ensemble des ressources du jeu (médicaments, objets etc.) et la sécurité. En effet, la colonie peut faire face à des attaques de zombies plus importantes et les chances de survie sont plus grandes entre ses murs dès lors que l’on est capable de se nourrir.

Alors autant vous dire que l’exil n’est pas souhaitable. Sur simple appel au vote, un joueur peut appeler les autres à voter pour ou contre l’exil d’un autre joueur. Un comportement suspect ? Un refus de collaborer ou de prendre un risque pour le groupe ? Alors peut-être êtes-vous un traître œuvrant pour un but bien différent de celui du groupe.

 

…et vaincre seul…

Si l’Objectif Commun expose la mission commune à tous les joueurs, chacun disposera cependant d’une carte secrète : l’Objectif Personnel. Et c’est là l’une des particularités de DoW : le jeu vous propose à la fois de collaborer pour faire face au plateau et sauver la colonie, mais également de jouer solo afin de définir qui sera le vainqueur de la partie. Ici c’est simple, vous perdez ensemble mais vous gagnez seul. Votre Objectif Personnel vous demandera donc de remplir certaines conditions : disposer de certaines cartes dans votre main, avoir un certains nombre de survivants dans la colonie ou encore d’avoir un nombre de ressources plus important que les autres joueurs. Cependant attention, la première des conditions de votre Objectif Personnel sera commune à toutes les cartes secrètes : « Accomplir l’Objectif Commun ». Si cette condition n’est pas remplie, pas de victoire ! Les autres tâches (citées plus haut) devront parfois vous demander d’avoir un comportement suspect. Un autre joueur a besoin d’un médicament et vous refusez de lui en donner afin de remplir votre objectif ? Vous n’avez pas ajoutez de carte à la crise depuis plusieurs tours ou vous avez tendance à consommer la nourriture pour votre compte personnel ? Alors vous pourriez très vite être accusé de détenir un Objectif Personnel - Traître, qui vous poussera à l’exil !

Votre Objectif - Personnel fera vous demandera peut-être de trahir le reste de la Colonie.

 

Comme je disais, votre comportement suspect peut amener un autre joueur à voter pour vous exiler. Si la majorité l’emporte, alors vous voilà exilé de la colonie. Comment cela se manifeste-t-il en terme de gameplay ? Et bien l’ensemble des avatars que vous possédez n’ont plus le droit de se rendre à la colonie. Vous devrez désormais évoluer en dehors, parmi les 6 lieux dans lesquels grouillent les hordes de morts-vivants. Vous rendez votre Objectif Personnel et tirez un Objectif Personnel - Exilé. Votre but change alors et vous demandera probablement de vous venger en tuant un autre joueur ou en attirant des zombies. Vous n’aurez cependant plus aucune interaction avec la colonie elle-même et ne participerez plus à la résolution des crises.

La mécanique de jeu prend alors un tournant afin de s’adapter au contexte de façon logique. Là ou cohabitaient les mécaniques solo et coop, le joueur se trouve à joueur seul, non plus uniquement contre le plateau, mais également contre ses anciens alliés.

Pour cela, plusieurs choses sont possibles et parmi elles, le combat PvP (Player Versus Player). Un joueur peut, à tout moment, décider d’attaquer un autre joueur présent sur le même lieu que lui. Si ça n’a généralement que très peu d’intérêt, cette mécanique prend tout son sens une fois que l’on est traître ou exilé. Le combat se résout au jet de dés dans le but d’infliger des blessures au survivant attaqué. Prenez donc garde aux joueurs exilés : alliés au plateau, ils représenteront désormais une véritable menace pour votre groupe.

 

…un ennemi commun.

Nous avons vu comment survivre ensemble et également comment évoluer seul. Mais il est temps de parler du dernier joueur, celui qui s’opposera à vous jusqu’au bout dans le but de voir s’effondrer le dernier rempart de civilisation que vous représentez : le plateau.

Ainsi il vous proposera de nombreux challenges. Nous avons évoqué l’Objectif Commun, qui pose l’environnement hostile du départ et surtout les cartes Crises qui viendront handicaper chacun de vos tours. Mais ces mécaniques ne sont pas les seules. Évidemment, il y a les zombies. Ces derniers viendront s’amasser aux portes de tous les lieux dans lesquels se trouvent vos survivants. Plus un lieu contient de survivants, plus les morts se manifesteront, attirés par la chair fraîche, dans le but de profiter d’une brèche dans votre défense. À la moindre brèche, l’un de vous devra donc mourir.

Les morts-vivants s'amasseront aux entrées afin de vous submerger et créer une brèche. Barricadez-vous pour les repousser.

 

Mais rassurez-vous, les attaques de zombies ne seront pas la seule façon pour vous de perdre la vie. Votre pire ennemi sera en effet le Dé de Risque. Son fonctionnement est simple : il s’agit d’un dé, affichant des faces spéciales, qu’il vous faudra lancer dans certaines situations tel que le combat contre un zombie ou un simple déplacement. Celui-ci affichera alors le résultat du risque pris, allant de de "aucun" à la mort directe en passant par diverses blessures. En cas de morsure mortelle, la situation peut rapidement s’envenimer et si la mort ne signifie pas la défaite du joueur, elle peut tout de même engendrer bien des catastrophes comme la contamination d’autres survivants ou encore la perte de moral (qui elle conduit à la défaite des joueurs et donc la victoire du plateau). Il vous faudra donc prendre bien soin de limiter les risques en mettant en place des stratégies qui éloigneront au maximum de vous ce dé de malheur.

Le dé de risque sera votre pire ennemi dans votre tentative de survie.

 

Pour cela, votre arme principale sera la communication avec les autres joueurs. Vous devrez user de vos compétences mais également de celles des autres survivants pour tirer le meilleur de chaque manche afin de préparer au mieux la prochaine attaque du plateau. Je vous l’ai dit, voir ses personnages mourir ne mène pas directement à la défaite. D’ailleurs, un joueur peut perdre l’ensemble de ses héros sans pour autant quitter le jeu. Le cas échéant, il n’aura qu’à tirer un nouveau personnage dans la pile et rejoindre la partie. Cependant, la mort d’un personnage provoque une baisse de moral des troupes, et un moral à 0 provoque la fin immédiate du jeu. Et c’est ici que le jeu se complique réellement. Nombreuses sont les façons de perdre du moral tandis que les occasions de le remonter se feront plus discrètes. Ainsi : échouez à résoudre une crise, perdez un survivant (actif ou vulnérable), dépensez trop de ressources ou manquez de nourriture et vous perdrez 1 point de moral. Il est donc indispensable de gardez un oeil sur chacun de ses éléments afin de contrôler tous les risques. Le jeu vous demandera, dès le tour des joueurs, d’anticiper le tour du plateau afin d’être sûr d’avoir assez de nourriture, de ne pas vous faire dévorer, de résoudre la crise etc. Si un traître fait partie de la colonie, il est important de l’identifier rapidement et de l’exiler afin qu’il ne puisse pas saboter un des points cités plus haut pouvant baisser votre moral.

Alors, oui Gamin, comme tu peux le voir, Dead of Winter est un jeu mettant en avant de nombreuses mécaniques de gameplay participant à en faire un univers cohérent et fonctionnel. La colonie, bien qu’apportant une certaine sécurité et peu d’action, demande une gestion pointilleuse qui vous maintiendra en état de stress à chaque manche à cause de la nourriture mais surtout de la crise. Les phases d’expédition à l’extérieur demandent également aux joueurs de prendre un risque non négligeable et seront donc à penser à 2 fois car rentrer à la colonie ne sera pas assuré. Cet équilibre permet à DoW d’être un titre accrocheur mais là n’est pas sa seule force.

 

Un jeu très scénarisé

L’un des points forts du jeu, est bien entendu l’aspect scénaristique de Dead of Winter. Si nous devions comparer DoW à une série télévisée, chaque partie pourrait être considérée comme une saison dont l’Objectif Commun constituerait clairement le thème. Là où nombre de jeux de plateau n’ont pas l’utilité d’un scénario très développé, DoW propose aux joueurs d’évoluer dans des contextes très scénarisés qui accompagnent les objectifs et les choix du joueur (nous reviendront sur les choix !). Lors du choix de l’Objectif Commun, celui-ci vous renvoie à un petit paragraphe qu’il vous faudra lire pour, en bon Maitre de Jeu, poser le postulat de départ de la partie qui débute. Ainsi, votre Objectif est d’éliminer un maximum de revenants ? L’histoire vous expliquera donc, dans un paragraphe détaillé, que la Colonie doit faire face à une recrudescence de morts à ses portes. Vous devez rassembler de la nourriture ou des médicaments ? Alors le scénario le justifiera en vous demandant de prendre soin des civils ou alors de trouver un remède à la maladie. Quel que soit le contexte de départ, celui-ci se veut détaillé et réaliste et ce, dans le but définir clairement l’objectif joueur en lui posant un cadre destiné à mettre en avant le « rôle play » de DoW.

Les cartes crises participeront également à enrober les manches dans une construction épisodique, à l'image d'un show TV. Ainsi, alors que vous tentez de remplir votre Objectif - Commun, vous devrez rassembler de la nourriture pour faire face à une disette, collecter de l’essence pour maintenir le générateur électrique ou utiliser un maximum de matériaux pour dresser des barricades. Chaque tour demandera son challenge à travers ces événements qui ne se contentent pas de poser le middle objectif, mais l’inscrit vraiment dans un cadre destiné à maintenir le RP pour le joueur, ce qui participe à faire de Dead of Winter un titre marquant bien que son univers de zombies puisse manquer d’originalité.

Enfin, le scénario marqué de Dead of Winter est également propice à l’une de ses mécaniques les plus intéressantes. Dead of Winter : À la Croisée des Chemins vous demandera de survivre en faisant des choix. Ces choix seront clairement matérialisés à travers les cartes appelées « Croisée des Chemins. » Chaque fois qu’il finit son tour, un joueur tire une carte « Croisée des Chemins » destinée au joueur suivant. Ainsi, le prochain joueur, lors de son tour, est observé. Si, en jouant, il remplit les conditions d’activation décrites sur la carte tirée précédemment, alors celle-ci prend effet immédiatement. Le joueur ayant tirée la carte lit alors le scénario décrit dessus mettant ainsi le joueur en cours dans un contexte qu’il devra résoudre par un choix. Si certains choix ne prennent aucun risque, d’autres proposent clairement au joueur de risquer sa vie parfois pour lui-même et parfois pour le groupe. Certaines demanderont même à plusieurs joueurs de prendre part au choix. Les cartes Croisée des Chemins sont très variées et il est assez rare qu’un joueur en déclenche une, tellement les conditions d’activations sont parfois précises (un joueur se gratte la tête, le joueur actif fouille ou se déplace d’une façon particulière etc.) mais une fois activée, elles peuvent faire tourner de manière décisive le déroulement du jeu. C’est donc toujours avec une certaine appréhension que les joueurs s’entendent énoncer les choix possibles qui pourraient les amener à voir l’un de leur personnage mourir et ainsi toute une stratégie s’effondrer…

Les Croisées des Chemins vous demanderont parfois de faire des choix difficiles.

 

Design et ergonomie

Et c’est là l’une des forces principales de Dead of Winter. Si les joueurs jouent ensemble contre le plateau, ils ne doivent pas oublier que leur Objectifs - Personnels les amènera à jouer en solo également, dans le plus grand des secrets. Chaque action les confrontera donc à un choix : celui d’œuvrer pour la Colonie ou pour son intérêt personnel. D’ailleurs chaque carte peut être utilisée pour l’un ou l’autre contexte. Consommez votre nourriture pour augmenter votre jet de dé ou nourrissez la colonie. Partagez vos ressources avec les autres membres de la colonie ou gardez les pour votre groupe de survivants. Participez à la résolution de la crise pour ne pas être frappé par le prochain fléau ou jouez la perso en espérant que les autres assureront la défense de la colonie. Chaque action vous demandera de faire ce choix : vous ou les autres. Et les mécaniques de DoW mettent bien en avant cette dualité. En jouant à DoW, on a vraiment le sentiment de faire partie d’une groupe qu’il faut maintenir face à un monde hostile. Un joueur meurt ? C’est l’ensemble de la Colonie qui perd le moral. Il n’y a pas assez de nourriture ? Nous en souffrirons tous. Nous dépensons trop de ressources ? Idem. C’est pourquoi il vous faudra œuvrer pour le bien-être de la Colonie. Lui tourner le dos vous fera rapidement passer pour le Traître que l’on cherchera à exiler comme expliquer plus haut.

En terme de design, il n’y a pas à dire : Dead of Winter est beau. L’univers hivernal post-apocalyptique est très bien rendu et l’ensemble des éléments du jeu se marient de façon homogène : le sang, les morts et la neige sont présents sur les cartes, sur les objets, les lieux et le plateau pour nous rappeler sans cesse que le monde a changé. Les objets ressemblent bien souvent à des objets de fortune bricolés et on trouve ainsi des ciseaux rafistolés en guise d’arme au milieu des planches et des boîtes de conserve.

Les jetons et personnages cartonnés sont suffisamment solides pour ne pas être abîmés en quelques parties et mettent parfaitement en valeur le travail de l’illustratrice, Fernanda Suarez. 

Cependant, on déplorera quelques soucis de traductions. En effet la version française se voit amputée de quelques mots et affiche parfois quelques textes difficilement compréhensibles. Aussi, certaines règles un peu floues, ne sont pas assez expliquées dans le livret et il ne sera pas rare de compléter celles-ci par quelques recherches sur les Internets. Enfin, la boîte de jeu manque de compartiments et ne permet pas une séparation optimale des éléments du jeu et finit rapidement par ressembler à un fourre-tout dans lequel on passe un certain temps à chercher ce dont on a besoin.

 

Conclusion

Les mécaniques évoquées et bien d’autres participent à immerger le joueur dans l’univers de Dead of Winter, qui se veut logique et cohérent, le tout enrobé dans une narration étoffée qui cadre chaque comportement joueur et inscrit chaque décision dans un contexte qu’il est simple d’accepter. Le scénario et le gameplay se marient à merveille pour ne jamais laisser le joueur dans une situation qu’il ne comprendrait pas. Bien que quelques défauts notables d’ergonomie peuvent venir troubler légèrement votre expérience de jeu, celle-ci se fluidifie après quelques parties et le jeu finit par réussir son pari : Dead Of Winter vous raconte une histoire, celle de votre survie, et c’est à vous de décider comment.

A propos Nathanaël Deslances

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